Dérangements Psychologiques

Crédit : Nicolas Surêt (Dernière Voie)

Ange de la mort

Cette maladie particulière semble être une version aggravée de la synesthésie, un phénomène neurologique qui associe généralement deux sens ensemble. Cette déviation, surnommée « la synesthésie miroir » se développe chez les personnes très sensibles aux autres lorsqu’elles sont encore mortelles. La personne qui en souffre ressent toutes les sensations tactiles qu’elles témoignent, chez n’importe quel individu qu’elle peut voir. Elle ressent physiquement l’impression d’être touchée lorsqu’elle voit une personne en serrer une autre dans ses bras, elle sent sa main être bougée et serrée lorsque deux amis se rencontrent, etc.

Cette condition est relativement inconnue chez les mortels à ce jour, mais ne pose aucun danger grave. Chez les vampires, dans un monde passablement plus violent, elle est souvent beaucoup plus dangereuse et expose le malade à des « surprises » bien désagréables. L’exécution par le feu d’un hérétique tend à devenir beaucoup moins (ou plus, selon le point de vue) instructive lorsque l’on sent les flammes dévorer sa propre chair.

Cependant, dans de rares cas (et toujours chez des Malkavian), ce phénomène neurologique semble se développer en quelque chose d’encore plus poussé et profondément dérangeant. Quelques mois après leur étreinte, les vampires en souffrant développent un besoin de ressentir la douleur des autres comme un moyen de se rappeler leur humanité perdue. Ils commencent à s’entourer de malades, d’handicapés et de blessés graves afin de sentir, encore une fois, ce que c’est d’être mortel. Souvent, ces Malkavians doivent devenir membre du personnel médical pour justifier leur présence. Chez eux, ressentir la souffrance des autres devient un besoin inconscient. Ils vont souvent justifier leurs pulsions pour éviter de faire face à leur dépendance : toujours empathique, ils vont prétendre qu’ils sont indispensables à leurs patients, développer des liens émotionnels et personnels fort avec les blessés et en un mot : se rendre indispensable à la personne malade.

Éventuellement, ce besoin de ressentir quelque chose se transforme pour devenir beaucoup plus profond. Le malade devient de moins en moins satisfait par les expériences ressenties. La douleur des autres devient terne et semble, pour eux, de plus en plus similaire à celles déjà vécues. Durant cette période, le malade va chercher les expériences les plus extrêmes : les grands brûlés, les victimes de cancer généralisé ou les gens ayant perdu plusieurs membres. Cette période d’accélération dans les besoins du vampire est très risquée, car il développe des comportements erratiques, devient souvent plus conscient de son besoin et prend moins de soin à préserver son identité mortelle. Chez les Malkavians poussant la justification de leurs actes à l’extrême, cette période est souvent perçue comme une détresse générale face aux problèmes qu’ils ne peuvent régler chez leurs patients. Ils semblent s’écrouler sous le travail et céder à la pression, mais sont incapables de s’arrêter.

L’accélération dure généralement de 2 à 4 mois et se termine par une période extrêmement dangereuse pour la mascarade. Incapable de maintenir les mêmes émotions qu’au début de son cycle, le vampire commence à combler son besoin par la seule expérience qui lui donne toujours des sensations : la mort. Le vampire tentera toujours d’observer la mort des patients à sa charge et « d’être là pour eux ». Cependant, la possibilité de perdre un patient durant le jour, de ne pas être présent à tous les moments précieux de son départ va peser énormément sur le vampire. Celui-ci tentera de contrôler les circonstances de la mort de la victime, soit par les drogues, soit en ne faisant pas tout ce qui est en son pouvoir pour préserver sa vie. Il pourra même commencer à réaliser des suicides assistés avec l’accord de la victime.

Cependant, étant dépendant de ces sensations, le vampire en demande toujours plus, toujours plus vite. Il va d’abord se satisfaire d’un seul « moment parfait » par mois, puis accélérer le rythme. Dans des cas extrêmes, un docteur du clan Malkavian à réussi à ainsi éliminer plus de 50 patients sans éveiller l’attention des mortels. Cependant, la majorité des autres cas se terminent après une mort « parfaite » du point de vue du vampire : au bout d’une dizaine de victimes, le malade développe un lien émotionnel très fort avec l’un des patients, constatent que sa guérison est impossible et qu’elle est destinée à mourir lentement et douloureusement. Le vampire se posera souvent en sauveur, tentera tous les moyens pour donner espoirs et peut-être guérir miraculeusement la victime. Son investissement émotionnel sera tel qu’il pourra même demander des fonds à d’autres caïnites pour obtenir les meilleurs traitements pour son ou sa protégé(e).

Ce que le vampire à cette étape du cycle créer, c’est un sentiment de dépendance chez la victime, en plus de créer le plus d’espoir possible. Consciemment ou inconsciemment, il retirera ensuite tous les espoirs du patient lors d’une rechute pour tenter d’obtenir l’appel à l’aide du malade vers le suicide assisté. S’il a réussi à complètement retirer l’espoir au malade et que le suicide est dirigé en entier par le vampire, le cycle prendra fin… et recommencera dans quelques mois.

Blasé

Le malade est constamment à la recherché de nouvelles sensations et expériences. Incapable de se satisfaire de son quotidien, il est en quête constante de changement.

Ce problème se manifeste surtout chez les plus vieux vampires, qui ont tendance à trouver le monde fade et sans goût après plusieurs décennies. Incapable de prendre du plaisir, le malade croit avoir presque tout vu et presque tout essayé. Sa vie quotidienne l’ennuie au plus haut point et il n’arrive pas à trouver le plaisir dans aucune des activités qu’il a essayé auparavant.

Le malade débute une recherche obsessive de nouveautés, autant sensorielles que circonstancielles. Il tentera de goûter le sang d’enfants malades ou de voyageurs exotiques, forcera ses proies à consommer de la drogue ou à manger seulement certaines nourritures pour altérer le goût. D’autres se lanceront dans le masochisme ou le sadisme, devant de plus en plus extrême dans leurs expériences. Éventuellement, le vampire recherchera même des situations qu’il n’a jamais vécues, comme une bagarre, l’amour véritable ou la direction d’une entreprise.

Cependant, quelles que soient les sensations ou expériences, le vampire finira par se lasser au bout de quelque temps, pour tenter de trouver une autre nouveauté pour pimenter sa vie. Cette habitude de laisser les choses incomplètes à tendance à affecter la réputation du vampire, qui passe comme frivole ou capricieux aux yeux de ses pairs.

Si le malade n’arrive pas à trouver de nouvelles expériences pour le satisfaire, il sombrera rapidement dans la mélancolie, plus la dépression. Cette période sombre peut se conclure par un suicide si le vampire n’arrive pas à trouver quelque chose pour raviver son intérêt dans l’existence.

Il faut noter que la quête de nouvelles expériences est limitée par la nature et la voie du vampire. Même le plus blasé des vampires ne se lancera pas dans le cannibalisme ou le sexe sadomasochiste s’il possède la nature « Enfant » ou « Bon gars ».

Complexe d’omnipotence

Les malades souffrant de ce problème sont souvent issus de milieux difficiles, dans lesquels ils ont subît des sévices ou des marques affectifs graves. Le malade typique est une personne d’une grande intelligence, qui a été sexuellement abusé dans sa jeunesse ou a été victime de violence répétée de la part d’une figure d’autorité. Plutôt que de répéter les comportements dont ils ont été victimes une fois adultes, la grande intelligence et la logique dont les malades font preuve leur ont permis de transcender leur origine difficile : ils sont souvent des carriéristes dédiés à leurs métiers, touchant souvent au milieu médical, financier ou de la haute bureaucratie. Certains exhibent ensuite des penchants masochistes ou sadiques, mais la plupart subliment leurs pulsions sexuelles par le travail et ne réussissent pas à trouver un équilibre dans leur vie sexuelle ou familiale.

L’étreinte provoque chez ses personnes une soif de contrôle qui devient impossible à gérer. La plupart des malades justifient ces pulsions par la logique, citant la nécessité de lutter contre leurs opposants, d’accumuler la richesse ou simplement en rappelant le comportement des plus anciens de notre race. En bout de ligne, cependant, la plupart sont habité d’une soif de pouvoir incroyable, les poussant à obtenir le plus de contrôle possible sur les mortels, d’atteindre les positions politiques les plus prestigieuses ou d’accroître leurs richesses sans commune mesure.

Contrairement au long travail que certains autres Caïnites sont prêts à fournir pour augmenter leur prestige auprès de leurs pairs, les victimes du complexe d’omnipotence éprouvent de grandes difficultés à agir avec patience et sur le long terme. La nécessité qui les habite de prendre le contrôle est similaire à celle du sang, selon eux : sans un gain régulier dans leur contrôle sur le monde, ils perdent leur contrôle sur eux-mêmes et deviennent de plus en plus erratiques.

On a observé, chez de tels malades, une phase de construction et une phase d’effondrement, qui semblent se répéter à intervalle régulier durant plusieurs années. Dans la phase de construction, le malade augmente régulièrement ses acquis : il arrive à influencer des mortels de plus en plus importants, augmenter ses ressources financières ou à prendre une part plus importante au sein de la politique de son fief. Cette phase peut durer très longtemps, pour autant que le malade fasse un gain régulier à son esprit, satisfaisant sa soif pour un temps. Cependant, le malade plafonnera inévitablement : si les gains deviennent de plus en plus espacés et qu’il n’arrive pas à satisfaire sa compulsion, il deviendra alors de plus en plus morose et agressif : sous sa couverture généralement composée et très réfléchie, il deviendra de plus en plus impulsif, illogique et émotif. Cette attitude sera rapidement corrigée par un gain quelconque, mais si elle perdure plus que quelques semaines, provoquera la seconde phase : l’effondrement.

Durant cette période, le malade à l’impression de complètement renoncer à son matérialisme passé. Il adoptera souvent un point de vue beaucoup plus spirituel, tentera d’exercer un meilleur contrôle sur sa bête, s’adonnera à une discipline personnelle beaucoup plus développée. La plupart des malades expliquent cette période par un besoin de temps « mort » imposé par le stress de leur métier. Certains vont jusqu’à s’isoler complètement du monde extérieur et refusent de prendre contact avec les « tentations » que sont les mortels, l’argent ou le pouvoir. Cependant, cet apparent détachement n’est pas un renoncement complet à la soif de pouvoir qui anime le malade : l’égo du malade, incapable d’accepter l’échec continu de son contrôle sur le monde extérieur à retourner le besoin de contrôle du malade sur lui-même. Durant l’effondrement, le malade va abandonner toutes ses possessions matérielles « inutiles » et se doter d’une foule de règles lui prouvant qu’il à le contrôle sur lui-même. Restrictions sur ses proies, refusé d’utiliser de l’argent ou s’exercer à développer des pouvoirs surnaturels plus importants : tous ses exercices visent à prouver le contrôle du malade et ne sont qu’un outil de son égo.

Au bout d’une longue période de temps, une fois son contrôle sur lui-même prouvé, le malade va souvent reprendre goût au jeu politique ou commencer à influencer quelques mortels, pour des raisons plus que logiques à son esprit. Peu de temps après, la phase de construction recommencera et le malade abandonnera ses intérêts plus spirituels pour retomber dans la course au pouvoir.

Il est à noter que durant la phase de construction, toute perte (réelle ou imaginaire) de la part du malade pourra provoquer des réactions très intenses de colère, voir à faire ressortir sa bête ! Le malade n’acceptera pas qu’un de ses amis mortels n’accepte plus de le voir, ou qu’une de ses entreprises fasse faillite. La plupart du temps, il tombera dans une rage intense au moment d’apprendre la nouvelle, mais pourra parfois se contenir jusqu’à ce qu’il confronte la source de son échec. Plusieurs pertes répétées pourraient même provoquer une phase d’effondrement prématurée, si elles sont trop rapprochées les unes des autres.

Conservateur

L’étreinte a traumatisé le malade, qui est terrifié par le chaos régnant dans le monde et les mystères qui lui ont été cachés toute sa vie. Le vampire craint, plus que tout, de découvrir que le monde n’est pas tel qu’il le conçoit et n’accepte plus les changements qui lui sont imposés.

Afin de se protéger, le vampire sombre inconsciemment dans des rituels et des habitudes, qu’il suit religieusement. Par exemple, il chassera chaque nuit au même endroit, trouvant des proies qui se ressemblent d’une manière frappante. Il rentrera à son refuge en utilisant toujours la même route et le même véhicule. Le malade est parfaitement au courant des actes qu’il est en train de poser, mais il ne réalise pas à quel point ils sont similaires nuit après nuit : lorsqu’il part à la chasse, il reprend toujours la même décision sans se questionner sur l’endroit où il a été chassé la nuit d’avant. Un malade confronté à ses habitudes sera confus, troublé et sombrera dans un état similaire à un somnambule. Il ne conservera aucun souvenir de la confrontation et quittera simplement les lieux pour vaquer à l’occupation la plus préoccupante sur le moment.

Éventuellement, le malade sera confronté à un changement dans son rituel : le bar sera fermé pour rénovation, la route sera bloquée pour des travaux, son véhicule sera en panne, etc. Ce changement brisera complètement son sens de la réalité, dès qu’il l’empêche de réaliser son rituel. Il tombera dans un état semblable au somnambulisme dissociatif, où il accomplira des tâches complexes dans le but de remplir son rituel : il forcera la porte du bar pour entrer et se mettre à boire et chasser comme à l’habitude, même si le bar est vide. Il pourra aller retirer les panneaux de signalisation pour laisser passer son véhicule ou il débutera des réparations sur son automobile là où elle est tombée en panne (avec ou sans connaissance mécanique). Si on tente de l’interroger, il répondra d’une manière incohérente et impossible à saisir, tout en continuant son activité jusqu’à son succès. Durant tout ce temps, le malade se trouve dans un univers mental construit par lui, informé par la réalité, mais où ses actes n’ont pas vraiment de conséquences : si le bar prend feu, il continuera à boire et « chasser » tant que la douleur ne le réveillera pas.

Encore plus inquiétant, le malade devient extrêmement violent si on tente de l’interrompre durant sa crise de somnambulisme. Seule une personne de confiance peut orienter le malade vers une autre manière d’accomplir le rituel (marcher plutôt que prendre la voiture, prendre le sang d’une victime inconsciente plutôt qu’une proie choisie au bar, etc.). Si le malade est touché, la réaction sera violente et immédiate, sans aucun regard pour les conséquences.

Le malade n’est pas une personne autonome et il est recommandé qu’une personne de confiance l’accompagne au cas où son rituel serait brisé, afin d’éviter tout risque pour la mascarade.

Quels que soient les rituels choisis (il en faut au moins 5 au début du jeu), le personnage sera allergique aux changements, quels qu’ils soient. Il utilisera toujours les mêmes chaises, sera méfiant des inconnus et n’acceptera pas les retournements rapides de situation. Il n’est cependant pas aveugle ou inconscient : il prend pleinement conscience des changements autour de lui et seuls les rituels provoquent des crises.

Constructivisme

La plupart des êtres humains résistant aux changements d’une manière automatique, surtout en tout ce qui touche leur personnalité profonde. Les habitudes et comportements de toute une vie sont exceptionnellement difficiles à altérer, même avec de l’aide spécialisé et les meilleures raisons possibles.

Cependant, certaines personnes arrivent à changer des aspects fondamentaux de leur personnalité beaucoup plus facilement que la norme. On reconnaît les efforts d’un obèse rétablissant un poids normal, des gens obtenant un diplôme à 40 ou 50 ans ou même aux gens devenant des sportifs exceptionnels du jour au lendemain.

Les malades souffrant de constructivisme possèdent cette capacité, mais sont incapables de la gérer. Plutôt que de se concentrer sur des modifications positives de leur personnalité et de les garder, ils adoptent de plus en plus de traits qui leur sont étrangers pour se bâtir une toute nouvelle personnalité composite et artificielle.

Le malade est généralement une personne ayant beaucoup de difficulté à se changer elle-même au cours de sa vie mortelle. Souvent possédant beaucoup de regret et d’amertume face à sa vie, la plupart des malades étaient dépressif. Le malade va voir l’étreinte comme une seconde chance et plusieurs ont rapporté avec eux des épiphanies au moment de leur mort, réalisant les erreurs de leur vie passée.

Au cours des semaines et mois suivants l’étreinte, le malade développera beaucoup de mépris face à sa vie humaine et ses dépressions passées. Durant cette période, le malade sera enclin à abandonner leurs liens avec leur famille et leur ancienne profession, changé d’apparence, coupant ainsi les ponts avec cette période de leur vie qu’ils jugent méprisable. Certains adopteront un pseudonyme ou un nom qu’il juge « pur » de leurs anciens comportements.

Cependant, ces changements ne restent que superficiels et éventuellement, le malade aura tendance à reproduire les comportements de sa vie humaine, lui rappelant son mépris envers lui-même. Cette résurgence le poussera à agir d’une manière encore plus dramatique : se débarrasser de leur possession qu’ils conservaient de leur passer, détruire leur ancienne résidence ou effacer toute trace de leur existence mortelle. Cependant, à cette étape, le symbolisme de ces actions n’est plus suffisant et le malade va tenter d’activement changer ses comportements pour en adopter des nouveaux, provoquant la troisième phase de la maladie.

Durant cette période, qui peut durer plusieurs années, le malade va identifier les traits de caractère qu’il voudrait posséder chez les autres : l’humour, le contrôle de soi, le courage, l’intelligence, la culture, etc. Incapable de supporter ses propres défauts, il va activement tenter de remplacer ceux-ci par les forces des autres, imitant leurs manières de faire. Il tentera d’être diplômâtes comme le primogène Toreador, cultivé comme le sénéchal Ventrue et calculateur comme l’ancien Lasombra et avoir autant d’alliés que le criminel Brujah. Ce processus n’est pas totalement conscient et aura tendance à se réaliser par osmose, en fréquentant et en répétant les actes de ces personnes, parfois allant même jusqu’à s’approprier leur langage corporel, accent ou tics nerveux.

Avec le temps, le malade va s’approprier de plus en plus de traits de personnalités et passer de moins en moins de temps « au naturel ». Il pourra utiliser ses aspects à de multiples reprises durant une conversation, faisant appel au langage corporel de la séduction d’une jeune vampire au début, et passant au langage très soigné d’un ancien lorsque la conversation devient plus diplomatique.

Dame Blanche

Le vampire est incapable de supporter son existence surnaturelle. Son inconscient est tellement révolté par sa condition qu’il pousse le malade au suicide régulièrement.

Ce dérangement est à l’origine d’innombrables légendes de fantômes, d’où son nom. Les pulsions d’autodestruction ne sont pas constantes et l’attitude suicidaire se manifeste quelques fois par années, durant une période d’une semaine à chaque fois. Durant cette période, le malade agit d’une manière erratique, mais sans mettre son existence en danger. Il a des pertes de mémoire, souffre d’hyperactivité et dors très mal durant le jour. Il est incapable de se concentrer et est constamment confronté par des images de violence (toujours des scènes témoignées durant sa vie vampirique). Même les anciens ne réalisent pas la conclusion inévitable de ce cycle et rationalisent toujours leurs comportements sur le stress de l’existence qu’ils mènent.

Au bout de la semaine fatidique, le malade quitte sa résidence dès le réveil, dans un état second. Il va errer dans la ville en évitant la plupart des lieux où il pourrait être dérangé. Au bout de plusieurs heures, il repère un endroit approprié et, souvent devant témoins, met brutalement fin à ses jours… à la manière d’un être humain (sa psyché ne peut reconnaître qu’il est un vampire). Le malade peut décider de sauter en bas d’un pont, s’ouvrir les veines dans une salle de bain publique ou simplement se tirer une balle dans la tempe. Une fois l’acte accompli, le malade reprend brusquement ses esprits et réalise ses actes des derniers jours. La plupart des vampires tentent de disparaître aux yeux des humains pour respecter la mascarade, mais certains doivent joueur aux cadavres durant quelque temps pour échapper à l’attention des mortels.

Du point de vue d’un être humain, la scène est souvent terrifiante et surréaliste. Une forme pâle sautant d’un pont pour ne jamais réapparaître, un homme d’affaires plaçant un fusil dans sa bouche et dont le corps disparaît le temps qu’il appelle la police, etc.

Le malade aura tendance à répéter l’acte au même endroit et de la même manière à intervalle régulier, mais certains changent constamment de modus operandi à chaque occasion.

Doppelgänger

Le vampire souffrant de ce dérangement ne possède pas de sens profond de l’identité. Il modèle ses comportements, habillements et relations sur ceux d’une personne modèle, dont il tente de se rapprocher le plus possible.

Le cheminement de ce dérangement est long et peut prendre plusieurs mois. Le vampire débute son cycle en remarquant son modèle dans la vie de tous les jours. Une personne qui semble heureuse, en contrôle ou bien entouré pourra attirer l’attention du vampire, qui commencera par observer son modèle de loin. Durant cette période, le vampire mélange l’admiration et l’envie au sujet de la vie du modèle. Celui-ci est idéalisé et sa vie entière est romancée dans l’esprit du malade, qui commence immédiatement à vouloir protéger et être aimé de la victime.

Suivant cette période, le malade tente l’approche. Une période relativement critique, où il tente d’élaborer une relation d’amitié avec la victime. Le vampire aura tendance à simuler un hasard ou s’immiscer dans la vie de son modèle sous un faux prétexte (je cherchais justement un appartement, je viens de m’inscrire à l’université, etc.). Les points communs avec le modèle seront subtils, mais suffisants pour mettre celui-ci en confiance.

Si l’approche est un succès, le malade va débuter la deuxième phase de son cycle. Il se rapprochera de plus en plus de la victime, pour en devenir l’ami le plus proche (rarement le malade cherchera à approfondir la relation par le sexe ou l’amour). Il rendra des services, achètera des cadeaux et sera disponible pour le modèle, qui ne tarde généralement pas à établir une certaine dépendance envers le malade. Cependant, durant ce cycle, le malade commencera à établir des relations avec les amis et la famille de son modèle (toujours une seule personne à la fois). Comme il lui est impossible de remplacer la victime, elle tentera d’émuler la relation le plus près possible ou de créer un lien aussi fort. Par exemple, une jeune malkavian pourrait tenter de séduire le père de son modèle (aussi une jeune femme) pour obtenir son attention. Les raisons derrière ses actes sont inconscients, mais le malade peut développer un très grand degré de manipulation à cette étape, jusqu’à créer des situations de danger pour bénéficier du traumatisme.

Généralement, le modèle enclenche de lui-même la troisième étape (la confrontation) en tentant de mettre fin à la relation avec le malade. À ce moment, le modèle passe d’idole à démon et devient ce que le modèle déteste le plus au monde. Son attitude est ingrate, ces relations sont vides de sens, le modèle n’est pas digne de l’amour de ses proches, etc. L’agressivité augmente rapidement et il n’est pas rare que le malade tente de faire comprendre « une leçon » au modèle en la coupant de sa famille (ce qui peut mener à des agressions sur des proches) ou en créant un climat de terreur (coup de fils, harcèlement, etc.). Cette période se termine généralement dans le sang, le malade tentant de détruire l’objet de son obsession, ainsi que tout ce qui lui rappelle cette personne (souvenirs, personnes, voir même bâtiments).

Le cycle recommence ensuite quelques mois plus tard, comme si rien n’était arrivé.

Jardin d’Eden

Les victimes de cette maladie sont généralement des hommes qui possèdent un rapport avec les femmes très difficiles. La plupart ont été victimes de sévices durant leur enfance, souvent aux mains d’une figure féminine importante de leur vie (leur mère, une tante ou une enseignante, etc.). Durant leur vie humaine, il est très fréquent que ces malades aient développé des problèmes psychologiques graves, comme des épisodes psychotiques, un stress post-traumatique, des problèmes de dépendance aux drogues, des phobies et autres troubles anxieux. Parfois, ces victimes deviennent violentes envers les jeunes enfants ou les femmes, reproduisant les comportements dont elles ont été victimes ou assouvissant un besoin de contrôle sur une personne plus faible.

L’étreinte ne fait qu’aggraver l’état du patient : celui-ci devient incapable de prendre les nuances du comportement féminin en compte et il interprète les agissements des femmes qui l’entourent d’une manière radicale. Pour le malade, les femmes tombent en deux catégories : la femme « parfaite », agissant avec compassion, tendresse et humilité ou la femme « corrompue » agissant d’une manière égoïste, vile et insensible. Toutes les femmes qu’il rencontre se retrouveront dans l’une ou l’autre des catégories et il sera très difficile pour l’une de passer d’une catégorie à l’autre (volontairement ou pas). Le malade interprétera les actes des femmes pures dans le meilleur des sens possibles : pour lui, tous les actes d’une telle personne seront guidés par la générosité, la bonté et le don de soi. Si le malade est justifié à des actes cruels ou égoïstes venant de cette personne, il va tout faire pour tenter de les justifier (« elle a peut-être volé de l’argent, mais c’était pour le donner aux pauvres et malades ! »). Cependant, si les actes « mauvais » deviennent trop fréquents ou injustifiables, le malade pourra décider que cette femme « pure » n’en est pas une finalement et qu’elle l’a trompé durant de longues années et qu’elle est, en fait, corrompue.

Les femmes corrompues sont, pour les malades, l’expression du mal absolu. Ces femmes font appel aux bas instincts des hommes pour les contrôler et toutes les femmes utilisant la sexualité, séduction ou refusant le rôle « traditionnel » des femmes seront sûres de tomber dans cette catégorie. Il n’est pas rare que le malade classe la plupart des femmes de son entourage dans cette catégorie, car ses critères pour les femmes « pures » sont très difficiles à respecter et basés sur un idéal qui a peu de chance de se concrétiser, dans la réalité. Une fois dans cette catégorie, la femme devient responsable des pires maux de l’humanité. Pour le malade, les femmes sont celles qui incitent les hommes à la guerre, mentent et trompent pour obtenir ce qu’elles désirent, etc. Dans sa vision, les hommes n’ont que très peu de responsabilités de leurs actes, car ils sont souvent manipulés par les « corrompues » et sont incapables de voir la véritable nature de leur maîtresse.

Dans l’état classique, le malade est un fervent protecteur des femmes pures : il se portera toujours à la défense de leur honneur, les protégera des attaques physiques, mais aussi des rumeurs et mauvaises langues. Si une personne insulte une femme pure en sa présence, il ne cessera d’argumenter tant que la personne n’aura pas admis son erreur, reviendra constamment sur le sujet et deviendra très agité s’il n’est pas en mesure d’obtenir satisfaction. Dans la plupart des cas, il tentera de forcer une excuse par la violence, l’intimidation ou la persistance.

Les femmes impures sont soigneusement évitées par le malade, qui se comporte avec elles comme si elles étaient malades et contagieuses. S’il est forcé à les fréquenter ou les côtoyées, il sera d’abord craintif et retiré, mais peut devenir très agressif si une femme pure est attaquée ou si on tente de le séduire, influencer ou corrompre. Toute femme considérée comme impure et insistante trop pourra être accusée d’être un serviteur de Satan, d’être une prostituée de Babylone, etc. Le malade interviendra souvent, cependant, pour observer les femmes corrompues (afin d’en neutraliser les plans maléfiques) et pour convaincre les hommes à leur service d’abandonner leur cause pour aller servir une personne « pure ». Il tentera de démontrer à quel point la femme impure n’agit que pour elle et pour faire avancer la cause du mal, ce qui tend à inquiéter bien des gens qui ne partagent pas sa vision manichéenne du monde.

L’état mental du malade est extrêmement fragile lorsqu’il est confronté à sa propre sexualité et à ses émotions. Bien que très rigide dans son système de croyances, il est toujours en proie aux mêmes pulsions que les autres vampires. Si jamais le malade devait succomber aux manœuvres d’une femme impure (en étant séduit par le sexe, la promesse de pouvoir, un lien de sang, etc.), tout son système de croyances se retournera sur lui-même. Un malade séduit par une femme qu’il considère impure se percevra comme un serviteur de sa noire puissance et acceptera pleinement son rôle (c’est-à-dire corrompre les hommes au service des femmes pures et détruire celles qu’il admirait auparavant). Il accomplira les actes les plus débauchés pour plaire à sa maîtresse, qui bien souvent sera épouvantée par les extrêmes que la perversion que le malade peut atteindre. Dans les cas où l’état du malade dégénère à ce point, sa Bête commence à prendre le contrôle et la conscience du malade tend à s’évaporer au fur et à mesure qu’il avance « la cause » par ses actes horrifiants.

Pour ces raisons, l’usage de la discipline de Présence sur un malade souffrant du « Jardin d’Éden » est extrêmement dangereux et doit être évité à tout prix. Seuls certains pouvoirs semblent causer l’effet décrit, mais une fois le Malkavian ayant « sombré », il est presque impossible de le faire revenir sur le droit chemin. Les malades semblent craindre instinctivement le monstre qui sommeille en eux et tentent d’y résister tant bien que mal, mais la plupart sont aussi attirés par cette partie d’eux-mêmes qu’ils considèrent comme plus « libre ».

Frankeinstein

Les vampires souffrant de ce dérangement sont obsédés avec l’idée de créer la vie. Incapable de procréer autrement que par l’étreinte, ces malades tentent de simuler les actes paternels ou maternels du mieux possible.

La maladie peut se manifester sous plusieurs formes. La plus inoffensive est l’adoption (ou le kidnapping) par le malade d’un enfant mortel. Celui-ci est élevé comme si le malade était son père ou sa mère et certains malades vont jusqu’à recruter une ghoule pour compléter le couple. Lors de l’éducation de l’enfant, le vampire est obsédé par l’idée de normalité et utilisera profusion de mensonges et rationalisation pour dissimuler sa vraie nature à son « enfant ». Cependant, il n’est pas rare que l’enfant provoque la frénésie du vampire durant sa jeunesse, ou qu’il questionne les comportements de ses parents à l’âge adulte. D’une manière ou d’une autre, les enfants sous la supervision du vampire vivent rarement jusqu’à l’âge adulte, qui effacera toutes les traces de cette vie avant de retenter l’expérience, quelques années plus tard.

Dans ses formes les moins inoffensives, cette maladie incite les malades féminines à voler l’enfant alors qu’il se trouve encore dans le ventre de la mère, afin de donner l’expérience de la naissance au vampire. Les vampires de sexe mâle peuvent aller jusqu’à violer à répétition une victime pour tenter de procréer, malgré l’impossibilité physique.

D’autres, finalement, abordent la voie occulte pour solutionner le problème. Certains vampires tentent de retourner à l’état humain, d’autres désirent simplement remettre en marche le nécessaire à la création d’un enfant. Finalement, certains tentent de créer des monstruosités de chaires et d’y placer la vie. D’une manière comme d’une autre, ce dérangement entraîne souvent la destruction du malade, qui dépasse les limites que les vampires sont capables de supporter.

Même si le malade arrive à créer la vie d’une manière ou d’une autre, le vampire trouvera toujours une imperfection dans le processus ou le résultat et ne sera jamais totalement satisfait de sa création.

La chute aux Enfers

Cette maladie très particulière semble reliée à une condition bien étrange qui semble frapper certains caïnites de tous les clans. « La vision morbide » n’est pas une condition médicale officiellement diagnostiquée. Son symptôme est simple, quoiqu’horrifiant : le vampire qui en souffre n’est plus capable de percevoir les vivants. Plutôt, il perçoit tous les gens (vampires ou non) comme des corps ambulants, portant les marques de leur décès et agissant comme si de rien n’était. La plupart des intervenants considèrent que ce problème est une forme grave de schizophrénie, quoique hautement spécialisée sous l’influence du sang vampirique.

Au début de son cycle, le malade sera visiblement traumatisé et incapable de lire les émotions des autres. Il tentera d’ignorer les visages mutilés qu’il perçoit et voudra se comporter comme si de rien n’était. Il explique généralement son « état » comme un problème d’origine mystique, une malédiction ou un autre phénomène relié au supranaturel. Cette phase de déni est généralement courte : la condition mentale du malade se détériore rapidement et ses défenses s’écroulent. Les personnes aimées et appréciées lui apparaissent comme des cadavres animés qui sont traités avec révulsions, les étrangers qu’il croise l’horrifient et les gens qui le surprennent le font hurler de terreur. Plutôt que se désensibiliser, le malade semble devenir de plus en plus fragile avec le temps.

La première partie du cycle prend fin après une expérience « traumatisante » au cours de laquelle le malade est confronté à la violence, abandonné par ses amis ou simplement durant une crise d’hallucination intense, durant une seule nuit. Quel que soit l’incident, il laisse le malade émotionnellement vidé, incapable d’initiative et fortement affaibli. Vers la fin de la nuit, il vivra une épiphanie (ou une expérience similaire selon sa culture) qui lui « révélera » la vérité quant à sa place dans ce monde.

Suite à cette révélation, le malade entame la seconde partie de son cycle durant laquelle le patient se croit mort. Il ne prétend pas être un corps animé, un mort-vivant ou un vampire : il croit sincèrement et profondément qu’il est décédé et qu’il se trouve en enfer. Pour lui tous les gens qu’il croise sont en fait des âmes emprisonnées avec la sienne. Il est convaincu que ces âmes en peine sont incapables d’admettre la réalité de leur état et que ces personnes répètent les dernières journées de leur vie jour après jour, condamné à une éternité de tourments et de malheurs. Il ne voit pas l’enfer comme le lieu judéo-chrétien de souffrances éternelles, il le voit beaucoup plus comme les mythes grecs (le rocher de Sysiphe, le tonneau des Danaïdes, etc) et la version de Sartre (« l’enfer, c’est les autres ») prenant place dans un simulacre du monde connu durant son existence terrestre. Il n’y a pas de démons et de gardiens dans cet enfer : les gens sont chacun prisonniers des autres.

Seul à voir la vérité, le malade tentera inévitablement de faire réaliser à d’autres la « réalité » de leur état. Il va souvent tenter de présenter sa vision à une ou deux personnes (parfois choisie complètement au hasard après son épiphanie, souvent des mortels). Cependant, la nature même du supplice va empêcher les gens de réaliser qu’ils se trouvent en enfer, à moins qu’ils ne soient confrontés à ce fait très… dramatiquement. Le malade va rationaliser toutes les tentatives de le convaincre qu’il n’est pas en enfer par les comportements des autres, la misère humaine et le malheur observé tous les jours dans le monde des ténèbres.

Après avoir constaté qu’il est impossible de convaincre une personne qu’elle est décédée et condamnée à une répétition éternelle d’actions futiles, le malade va souvent décider d’emprunter des moyens très poussés. Il tentera de briser l’emprise que l’enfer (ie : la réalité) a sur les âmes en peine en troublant le plus possible leurs activités quotidiennes, certain que s’il n’y a plus de tonneau à remplir ou de roche à pousser, les gens réaliseront la nature du monde qui les entourent. Le Malkavian dans cette phase de la maladie va tout faire pour déstabiliser la vie des gens qui l’entourent : troubler la paix dans une ville, déclencher des conflits entre les clans, dérober des ghoules à ses adversaires. Il n’aura aucune volonté de profiter de ces événements : sa seule pensée est de bouleverser les habitudes des autres pour leur faire percevoir « sa » réalité. Il va souvent entreprendre de vastes projets pour déstabiliser une ville, dans l’espoir d’ouvrir les yeux au maximum de gens possibles.

Petite note : afin de pouvoir enseigner aux gens, la plupart des Malkavians prennent grand soin à ne pas laisser savoir qu’ils sont l’auteur du chaos dans la ville : les âmes en peine sont rarement patiente avec les gens qui détruisent leurs habitudes et cela les ferment aux enseignements essentiels que le malade doit leur apporter.

Lorsqu’il repère une personne affaiblie (mentalement, pas temporellement) par ses manœuvres, le malade l’approche afin de la préparer à l’éveil : un lavage de cerveau étalé sur plusieurs années au cours duquel les victimes sont soumises à l’influence malsaine du malade, constamment harcelé par les pouvoirs de Dementation. Dès qu’une personne accepte de partager sa vision (et le malade est rarement crédule à cet endroit), il considère sa victime comme éveillée et s’attend à ce qu’elle commence, elle aussi, à apporter la sagesse aux autres.

Souvent, le patient sera interrompu ou détruit durant la phase de déstabilisation globale d’une ville. Les malades qui survivent à cette période sont souvent victimes de violence, punition ou d’un autre traumatisme important. Ce traitement très violent fait souvent réaliser au malade que son paradigme est mal ajusté : une âme éveillée ne devrait pas être sensible aux attaques de la chaire et des enfers. Cette réalisation à tendance à les renvoyer plus tôt dans le cycle (dans le déni). Ils finiront par ré-ouvrir les yeux sur leur « sagesse » éventuellement, souvent plus sage et plus dangereux de leur expérience.

Note importante :

Ce dérangement ne prête pas au ridicule. Bien qu’il soit possible de présenter le malade comme un fou clamant que nous sommes tous en enfer sur le coin d’une rue, cette maladie est élaborée pour être prise avec sérieux, autant par le joueur qui la possède que ceux qu’il tente « d’éveiller ». Il est donc important de ne pas se concentrer sur le concept judéo-chrétien de l’enfer, mais de ramener au centre du concept les idées de routine sans vie, d’absence de vie et de créativité, l’impression suffocante d’aller nulle part et l’aspect « infernal » de la vie sur terre.

Le malade n’aura pas tendance à partager sa vision autour d’une table, en public. Il va souvent monter des mises en scène très élaborées pour illustrer ses arguments, s’assurer que la personne qu’il tente d’éveiller soit un minimum réceptif à ses idées. Il vise aussi à exploiter les gens en détresse affective : il approchera une femme ayant perdu son enfant, un jeune homme paraplégique ou un père diagnostiquer avec le cancer pour profiter de faiblesse morale.

Pour lui, tout ceci est une affaire très sérieuse et les enfers ne sont pas à prendre à la légère. Il est très possible qu’il se mette en colère si une personne tente de ridiculiser sa vision. En aucun cas, les blagues ne seront appropriées en lien avec ce dérangement.

Main divine

Le malade est un tueur en série, purement et simplement. Cependant, plutôt que de massacrer ses victimes aux armes blanches ou de les abattre après les avoir violés, il développe un plaisir malsain à organiser des scènes complexes faisant croire à un suicide.

Le vampire masque un profond dégoût de lui-même et un rejet du monstre qu’il est devenu. Plutôt que de mettre fin à ses jours, cependant, il projette son sentiment de répulsion sur les autres et associe leurs vies heureuses à son malheur présent. Pour lui, les dirigeants d’entreprise, les élus des gouvernements ou les milliardaires de l’industrie lui ont volé son bonheur (et celui de milliers de personnes) et l’utilisent pour eux même. Le malade « matérialise » le bonheur comme une monnaie qui peut être accumulée, volée et utilisée par d’autres.

Le malade débute son cycle en identifiant une personne puissante et en contrôle, mais aussi vivant dans un grand bonheur. Les gens riches et heureux, jeunes et puissants, pleins d’espoirs ou entourés d’une famille nombreuse sont ces cibles. Au fil des semaines suivantes, il commencera à suivre et observer sa victime, développant sa jalousie au fur et à mesure qu’il témoigne du bonheur dont celui profite. Il diminuera l’importance de ses échecs et augmentera la grandeur des réussites de sa victime pour justifier sa jalousie, choisissant inconsciemment d’ignorer les aspects négatifs de sa victime potentielle, à moins que ceux-ci soient trop grands pour ignorer.

Une fois sa haine cimentée, le malade va préparer son crime. Il va commencer à planter les indices d’un suicide potentiel, faisant preuve d’une grande machination. Il pourra trafiquer les comptes bancaires pour faire croire que la cible était sur le bord de la ruine, acheter des billets d’avion pour faire croire qu’il se préparait à quitte le pays et abandonner sa famille, puis falsifier les appels téléphoniques pour faire croire à une maîtresse. Le but du malade est de créer une histoire complètement fausse, mais totalement crédible et justifiant le suicide de la victime. Le malade est aussi très attentif à ne rien laisser paraître à la famille proche de la cible, désirant créer un choc complet et espérant créer un sentiment de répugnance complet une fois ses faux indices révélés. La plupart des malades sont d’anciens membres des forces de l’ordre ou très au fait des techniques policières et s’arrange pour manipuler l’enquête résultant du suicide pour faire valoir son histoire inventée, au plus grand dépit des membres de la famille qui s’obstine à croire en leur être cher.

Le meurtre en tant que tel est une petite étape dans le plan du malade. Il arrangera une scène crédible et efficace, mais à ce moment du cycle, sa haine s’est transformée en une passion froide. Il est beaucoup plus préoccupé avec l’idée de ne pas être pris et faire croire à ses mensonges qu’autre chose. Il arrive bien souvent que le malade, complètement obnubilé par l’idée du meurtre quelques jours auparavant, soit déçu de la facilité avec laquelle il met fin aux jours de sa victime. Ce goût amer lui fait recommencer le cycle quelques mois plus tard, toujours en augmentant les enchères, choisissant une victime plus difficile à atteindre ou plus heureuse encore.

Finalement, le malade à tendance à revenir en arrière, environ un an après son crime. Il aime suivre les survivants de son acte et comment ils réagissent au deuil de leur être cher. Souvent, le malade qui n’a pas commencé un nouveau cycle s’amuse à persécuter un survivant particulièrement déterminé, lui faisant parvenir des preuves que la théorie acceptée par la police est fausse, lui promettant des réponses à la mort insensée qui a frappé sa famille. L’affaire termine généralement mal, car le malade possède un profond désir d’être arrêté, introduisant plus ou moins volontairement des failles dans ses plans, des occasions où il pourrait être pris et une manière incontrôlable de jouer avec le feu à tous les moments de son cycle.

Masochisme Symbolique

Contrairement à la définition classique du masochisme, la personne souffrant de cette maladie n’est pas excitée sexuellement par la souffrance ou la perte de contrôle qui lui est infligée. Elle est excitée par l’idée même de la souffrance et la recherche chez chacun. Cette forme de masochisme est beaucoup plus tournée vers la souffrance psychologique ou émotionnelle que physique, bien que le plaisir que le malade en tire soit très sexualisé en nature.

La plupart des personnes souffrant de cette forme de masochisme étaient, de leur vivant, des personnes très empathiques et sensibles à la souffrance des autres. Ils n’étaient pas nécessairement attirés par la souffrance, mais étaient aptes à la comprendre. Avec leur étreinte, cette sensibilité a été dénaturée.

Au début du cycle, qui dure 3 à 4 mois, le malade à toutes les apparences d’une personne compatissante prête à écouter les malheurs des autres et à les assister de conseils parfois plus ou moins bien adaptés à la situation. Le vampire est toujours intéressé à entendre les problèmes des autres et aura tendance à vouloir en connaître tous les petits détails, afin de « mieux comprendre la nature du problème ». Il est aussi beaucoup plus attiré par les problèmes émotionnels que les problèmes temporels : une personne discutant avec lui de ses mésaventures politiques ne sera intéressante pour l’effet de ces problèmes sur la vie personnelle de la victime, des émotions de ceux l’entourant, etc. À ce moment du cycle, le vampire n’éprouve pas de plaisir ou d’excitation lorsqu’il partage le malheur des autres. Il en tire cependant une certaine gratification, se percevant lui-même comme altruiste et ouvert au besoin des autres.

Avec le temps, le besoin du vampire devient de plus en plus pressant. Au lieu d’être passif dans sa recherche de la souffrance des autres, le malade va activement chercher à trouver ces problèmes et s’y impliquer, d’une manière ou d’une autre. Le but du patient, inconsciemment, est de s’identifier à la personne en problème et de ressentir ce qu’elle ressent dans son malheur. Il aura donc tendance à se concentrer sur les cas les plus extrêmes l’entourant, ignorant les problèmes mineurs ou récurent qu’il a déjà « réglé ». Le vampire à cette étape commence à ressentir une excitation, pas complètement différente de celle connue par les mortels à l’acte sexuel, et il aura tendance à éprouver un plaisir lorsqu’il réussit à partager les problèmes des autres. Il pourra lui arriver de revenir à plusieurs reprises sur les détails d’un incident raconté par quelqu’un d’autre, lui demander de décrire en détail les émotions ressenties à ce moment et tenter de recréer, dans son esprit, toute la scène pour son plaisir personnel.

La troisième étape du cycle débute au moment où le simple partage des malheurs des autres ne suffit plus au malade. Avec le temps, les souffrances émotionnelles deviennent fades et perdent de leur valeur pour le vampire, qui tentera de compenser soit par le nombre, soit par la qualité des expériences. Cependant, il ne pourra jamais complètement arrêter cette descente et devra prendre des moyens très directs pour satisfaire son besoin grandissant. La plupart des malades tentent d’activement provoquer la souffrance chez les autres (rarement physiquement), souvent en devant très moralisateur, provocateur ou insidieux. Le vampire abandonnera souvent l’approche individuelle pour tenter de culpabiliser tous les membres d’une ville. Il pourra essayer de faire ressortir les preuves d’un acte criminel d’un clan pour ensuite jouir de leur humiliation commune, trahir une coterie pour les exposer à la colère d’un ancien, etc. Ces moments créés littéralement de l’extase chez le vampire, qui pourra être physiquement épuisé de sa performance. Le plaisir ressenti durant cette période est, selon les victimes de la maladie, plus intense que l’acte amoureux ou le baiser vampirique.

La quatrième étape voit la maladie se retourner sur elle-même. Le malade est incapable d’accepter ses propres succès. Sa capacité à éprouver du plaisir est considérée comme un succès en soit, que l’esprit du malade rejette inconsciemment. Le malade culpabilisera sur ses actes passés, les malheurs qu’il a causés et les crimes commis, éprouvant de plus en plus de détresse et en tirant de plus en plus de plaisir… Durant cette période, le malade commencera à revivre des moments du passé (créant des absences ou des fugues mentales), imaginera que ces fautes sont mises au grand jour et ira même à imaginer que des paroles innocentes ou des objets communs sont des rappels de ses crimes. Il verra une affiche proclamer : « We KNOW what you DID ! » durant quelques secondes, sachant très bien que c’est impossible. Le temps qu’il rationalise ceci, l’affiche aura repris son apparence normale. Ces apparitions ne sont pas des hallucinations proprement dites, car le malade sait pertinemment qu’elles ne peuvent être réelles : elles sont en fait des projections de son dégoût de lui-même et sa haine intérieure.

Le cycle peut se terminer de deux manières : dans le cas le plus fréquent, le malade sombra dans un état catatonique durant plusieurs semaines, une torpeur où s’entremêle plaisir et dégoût et où il revit ses émotions contradictoires. L’expérience est très traumatisante et la plupart des patients, à leur réveil, refusent de réfléchir à ce qu’ils ont commis et ressenti dans le passé, érigeant des barrières émotionnelles entre les cycles.

La deuxième méthode est pour le malade de se sortir du cercle vicieux par la force de sa volonté. Il arrive que des Malkavians particulièrement fort mentalement réussissent à briser le cycle (en le replaçant à la première étape). Ce phénomène semble être favorisé si le malade se sent « pardonné » de ses actes par ses victimes ou une autorité morale supérieure (un chef de Cabale, un Sir ou une autre autorité similaire). Souvent, ce pardon doit être suivi d’un acte de contrition approprié à l’esprit du Malkavian, qui prend souvent l’allure de dons généreux aux victimes (souvent inconscientes des événements entourant le malade) ou un exile volontaire dans un monastère.

Mécène

Le malade souffre d’un manque de confiance et d’une profonde insatisfaction face à ses propres accomplissements. Incapable de prendre conscience de ses propres réussites, il projette ses espoirs sur un protégé dont il tente d’orienter la vie dans les moindres détails.

Ce problème est toujours latent à l’esprit du vampire, qui sera constamment suivi d’un sentiment d’échec. Sans être dépressif, le vampire sent toujours un manque dans sa vie, une incapacité à s’accomplir et connaître le bonheur. Ce phénomène persiste tant que le malade ne trouve pas un protégé : une personne sur laquelle il possède une emprise et à qui il peut aisément imposer son autorité, que ce soit par la supériorité morale, de l’âge ou simplement en termes de force physique. Le vampire aura tendance à développer une relation de dépendance, à se rendre absolument nécessaire pour la victime, mais toujours d’une manière à établir son ascendant sur la victime. Il ne se laissera pas séduire ou même entraîner dans une relation d’amitié : il va plutôt patronner ou materniser la victime d’une manière à établir son contrôle.

Le malade pourra même enclencher ce processus avec plusieurs personnes différentes, mais il sélectionnera toujours un « préféré », qui bénéficiera de son attention complète au bout de quelques mois. Les autres protégés seront traités avec indifférences et éventuellement laissés à eux-mêmes.

Une fois la victime choisie, le vampire entre dans un cycle pervers. Il suggérera d’abord des ajustements mineurs, parfois simplement dans une coupe de coiffures, une paire de lunettes ou la couleur des murs. Plus le temps avancera, cependant, et plus les suggestions seront nombreuses et intrusives : un généreux mécène offrant son patronage à une jeune artiste suggérera des vêtements de scène, pour finir par déterminer les horaires exacts des soirées libres de sa protégée, qui elle peut rencontrer et où elle doit aller, ne laissant aucune liberté à la pauvre victime.

Tout au long de la relation avec la victime, le malade projettera ses pulsions et besoins dans l’autre, convaincu que la victime désire réellement devenir un grand artiste (tel qu’il aurait aimé l’être), un chasseur incomparable ou un acteur riche et célèbre. Ce que le malade aurait voulu pour lui, il le veut maintenant pour sa victime, quels que soient les désirs réels de celle-ci.

La plupart des protégés ne sont pas conscients du désir de contrôle du malade et regardent d’abord ces comportements comme des attentions touchantes, puis des inquiétudes superflues. Une fois que la victime comprend qu’elle n’aura jamais aucune liberté, elle peut tenter de prendre la fuite ou de négocier avec le malade pour plus de liberté. La première réaction entraînera une poursuite obsessionnelle, le malade n’épargnant aucun effort pour retrouver son protégé et à n’importe quel prix. Si le malade prend conscience que la victime à quitter sa protection volontairement, les retrouvailles se transformeront rapidement en confrontation et finiront dans la violence; le malade ne pouvant accepter que son protégé ne désire plus être guidé par lui.

Les tentatives de négocier avec le malade sont aussi vouées à l’échec, car le malade verra ce genre de comportement comme des actes infantiles, qui doivent être disciplinés. Les demandes les plus raisonnables lui feront l’effet de jérémiades d’enfants, causant de l’énervement jusqu’à la violence physique.

La confrontation est inévitable et, si le malade survit à sa victime, il tentera se retrouvera dans la même situation quelques mois plus tard, inconscients de ses propres faiblesses et incapables de s’analyser profondément.

Multi-dépendance

La personne affectée par cette maladie ne possède aucun sens profond de sa propre identité. Au lieu de développer ses propres intérêts, le malade acquiert les intérêts des personnes qui l’entourent.

Cependant, comme toutes les maladies affectant le clan Malkavian, celle-ci dépasse les limites généralement constatées chez les êtres humains. Ne se limitant pas uniquement aux activités et aux préférences d’une seule cible, le malade s’empare des émotions et souvenirs de plusieurs personnes différentes, formant souvent un amalgame très peu fonctionnel et souvent contradictoires.

Le cycle de cette maladie est très rapide et se répète environ une fois par deux mois. Il débute par une dépression mineure, durant laquelle le malade va se décourager des entreprises débutées précédemment, juger négativement ses accomplissements et tenter de faire coupure avec son passé, qu’il soit représenté par des gens, des intérêts ou des souvenirs. Cette période de « nettoyage » peut se caractériser par des changements importants au niveau du style de vie, des habitudes alimentaires et des avoirs personnels du malade.

Une à deux semaines après ces changements, le malade va tenter de « renouveler » son cercle social. Durant cette période, le malade est souvent avenant, courtois et très facile d’approche avec les autres, se forgeant des amitiés superficielles avec mortels ou immortels. D’un autre côté, il saura d’une froideur et distance extrême avec les gens précédemment dans son cercle, prétextant toujours des activités trop prenantes, des urgences ou quelques autres raisons pour ne plus avoir à entretenir ces relations. Les nouvelles personnes approchées, souvent entre 3 et 5 personnes, sont considérées comme les cibles du malade, même si elles ne courent généralement pas de danger (comparativement aux cibles des autres maladies Malkavian).

Une fois cette phrase d’approche terminée et que le malade est suffisamment « près » de gens de son cercle, la troisième partie du cycle commence.  Durant cette période, le malade s’intéresse d’une manière démesurée à la vie de ses cibles. Il va identifier leurs activités, goût alimentaire et même la manière dont ils vivent pour les émuler. Il faut préciser que ce processus est inconscient et que le malade justifie ces changements à sa vie par leur « évidence » et facilité. Pour le malade, la manière dont il a mené sa vie auparavant est aberrante et l’admiration qu’il porte à ses nouveaux proches implique nécessairement de se conformer à leur manière de voir le monde et d’y évoluer.

Cependant, cette période marque aussi le début de l’instabilité du malade. Celui-ci va de plus en plus intégrer des aspects de la vie de ses proches pour en faire les siens. Après s’être approprié les proies de ses proches et leurs occupations nocturnes, il va commencer à s’approprier leurs émotions. Il ressentira la tristesse et la solitude d’un vampire abandonné par son amante, la colère d’un autre qui vient d’être humilié en public et la joie d’un dernier à une promotion. Tout cela d’une manière simultanée et sans jamais être véritablement conscient de la source exacte de ces émotions conflictuelles. Évidemment, ce mélange d’émotion tendra à exploser d’une manière très démonstrative si les cibles du Malkavian sont perturbées, très émotionnelles ou vivant une passe difficile, mais elles exploseront généralement en direction des gens ayant causé du tort aux cibles du Malkavian.

Pire encore, la malade aura de la difficulté à faire la différence entre ses propres souvenirs et ceux racontés par ses proches. Il va adapter sa propre enfance pour ressembler à celle des autres, changeant des détails clés, la manière dont il se souvient de certains éléments ou ajoutant carrément de nouvelles anecdotes pour se rapprocher de ce que ces cibles ont vécues. Ce qu’il ne pourra pas modifier dans ces propres souvenirs, il tentera d’attribuer à ces cibles : il fera tout pour convaincre une vampire que les jeux de son père étaient en fait des abus s’il a été lui-même agressé sexuellement, même si le père était des plus innocent. Le Malkavian ira même jusqu’à utiliser inconsciemment ses pouvoirs de Domination ou de Dementation pour l’assister à remodeler la vision qu’ont ses proches de leur enfance. Il peut ainsi infliger des dommages terribles à la vie des cibles, transformant lentement leurs expériences et souvenirs.

Finalement, le malade entre dans une phase d’accélération. Les émotions, souvenirs et activités qu’il acquiert des diverses sources de son entourage se mélangeront de plus en plus, transformant le malade en une personne totalement incohérente, incapable de suivre la même idée ou les mêmes intérêts durant plus de quelques minutes à la fois. Les émotions ressenties par le malade (toujours calquées sur celles des cibles) seront même plus intenses que les originales : une simple irritation deviendra une crise intense de colère, un mépris à peine voilé deviendra une haine féroce. L’accélération dure généralement une ou deux soirées et se termine parfois violemment (quoique rarement dangereusement) pour les cibles, qui se voient ensuite complètement coupées du malade, incapables « de le comprendre » et qui répandent, selon le malade, des rumeurs négatives contre lui.

Ce sentiment d’abandon et de persécution précipite l’arrivée de la dépression, qui marque le début d’un autre cycle.

Il est à noter qu’il est extrêmement difficile de confronter une personne souffrant de multidépendance. Celles-ci se considèrent comme persécutées par les cibles des cycles précédents et refusent toutes leurs affirmations comme étant des tentatives de détruire leur réputation ou de leur nuire personnellement. Une personne étrangère aux cycles qui tentent de questionner le malade sur ses habitudes changeantes se fera répondre que le malade est « en apprentissage » et s’acquièrent de nouveaux amis après avoir perdu les précédents à cause de « manipulations et mensonges ». Au final, le malade refuse de percevoir ses propres changements comme incohérents et considère que ses nouvelles activités marquent plutôt une croissance personnelle…

Objecteur de conscience

Cette maladie est souvent constatée chez les individus victimes d’un important traumatisme ayant fondamentalement modifié leur manière de voir le monde. Parfois, la simple introduction au monde de la nuit suffit pour créer cet effet chez un nouveau-né, mais la plupart du temps, les individus développant ce problème ont subît un choc important bien avant de recevoir la non-vie : ex-militaire, victime d’accident d’avion, personnes perdues en mer ou dans la nature durant de longues semaines, tous sont des victimes potentielles de cette maladie.

Ceux qui en sont victimes développent un besoin compulsif et changer le point de vue de ceux qui les entoure afin de leur faire réaliser leurs « erreurs ». Le malade va tenter d’imposer à la personne une épreuve similaire (du moins en effet) à celle ayant lui-même changé sa vie. Il ne va pas nécessairement recréer les circonstances exactes de son traumatisme, mais va souvent tenter de choquer autant (ou plus) sa victime.

Le type de traumatisme subît par le malade semble avoir un impact sur le développement de la maladie. Par exemple, un homme qui se retrouve trahi et abandonné par ses proches va souvent viser les gens qui possèdent des relations superficielles, mais nombreuses, pour lui faire comprendre qu’il s’illusionne sur la nature de ses « amis ». Un malade ayant subi des blessures importantes à la guerre va souvent viser les gens qui ont un sens d’invulnérabilité ou ceux qui apprécient la violence. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour briser les comportements qu’il juge hypocrites de la part de sa cible.

Il est à noter que le malade semble incapable de comprendre le point de vue des gens qui ont une opinion différente de la sienne, par rapport à l’objet de son traumatisme. Un homme ayant été licencié et étant devenu sans-abris n’acceptera pas les justifications économiques des licenciements et visera à plonger dans la misère les dirigeants d’entreprises mettant des employés à la porte, quelles que soient les raisons. Les gens défendant le point de vue du financier pourraient eux-mêmes se retrouver victimes du malade, qui sera horrifié à l’idée que des gens puissent défendre de telles idées et fera tout pour leur faire changer d’avis.

Le malade est extrêmement patient dans son approche et peut établir des plans élaborés pour créer des situations traumatiques afin de perturber ses victimes. Il est en mesure de planifier plusieurs activités différentes, parfois simultanément, pour atteindre le plus grand nombre de gens possible. Cependant, de règle générale, le malade va se concentrer sur un ou deux individus à la fois pour assurer le maximum de résultat dans ses opérations.  Le malade va tenter de créer des circonstances émulant son traumatisme ou pouvant permettre à sa victime d’atteindre des conclusions similaires aux siennes, suite à son propre traumatisme.

Par exemple, un malade ayant subît un écrasement d’avion, suite auquel il est resté deux semaines sans secours, avait élaboré la croyance que les êtres humains (puis les vampires) étaient prêt à tout pour survivre. Sa pathologie l’incitait à viser des personnes disposant d’un code moral proéminent, des gens qui prétendaient préférer mourir plutôt que de perdre leur honneur. Le malade, suite à l’enlèvement de deux de ces personnes, les affama durant plus d’un mois et les força à se battre à mort pour le sang de quelques rats, dans le fin fond des égouts de Paris. Il va sans dire que le clan de la rose ne fût pas ravi de l’expérience et mis prestement fins aux jours du malade, qui avait relâché les deux vampires une fois leur « leçon » apprise.

Paranoïaque

Avant toute chose, il faut savoir que toutes les personnalités paranoïaques ne font pas nécessairement de délires. D’un point de vue extérieur, ces délires ne vont pas forcément choquer ou alarmer l’entourage puisqu’ils sont toujours très cohérents et d’une grande clarté. Dans certains cas, la personne paranoïaque met même beaucoup d’énergie à convaincre les autres de ses idées. Et le problème c’est justement lorsque la réalité ou les autres ne vont pas dans son sens. À ce moment-là, elle peut s’en prendre à elle-même ou devenir agressive pour les autres. Les personnalités paranoïaques qui accèdent au pouvoir peuvent d’ailleurs se révéler très dangereuses et influentes.

Les personnes possédant ce dérangement sont souvent de personnes orgueilleuses avec une forte estime d’elles-mêmes, une rigidité d’esprit et des difficultés et de la méfiance à se remettre en cause.

Lorsque la paranoïa se met en place, certains symptômes ou signes se dessinent tels que des comportements revendicatifs et combatifs. La personne paranoïaque s’insurge, par exemple, contre des situations qu’elle juge injustes et développe des désirs de vengeance tenaces.

Les paranoïaques ne sont guère conscients de leur état et n’acceptent pas l’idée qu’ils puissent avoir tort. Il y a quatre types de paranoïa acceptée dans le cadre de l’activité :

1) Le délire de revendication

Le malade concentre son énergie sur une chose qui lui est due. Il harcellera les autorités capables de lui accorder l’objet de sa convoitise jusqu’à ce qu’elles cèdent et chaque revers à sa cause sera mis sur le compte de l’institution qui désire sa défaite. Ce délire peut mener à la violence si l’institution est personnalisée par un représentant clair et constant dans la confrontation avec le malade. Si les autorités cèdent, le malade trouvera bientôt une autre cause à soutenir.

2) Le délire de jalousie

L’être aimé trompe le malade à la moindre occasion. Ses regards, ses gestes et ses attentions trahissent souvent sa nature infidèle. Le malade à tendance à concentrer son attention sur sa compagne et peut devenir très agressive s’il croit reconnaître l’amant  l’amante en question.

3) Le délire érotomaniaque

Le malade (classiquement une femme) se croit aimé d’une personne au rang social élevé. Souvent élaboré à partir d’une parole ou d’un geste mal interprété, ce délire se divise en trois étapes (espoir, dépit et rancune) pour se terminer le plus souvent dans la violence.

4) Le délire de persécution

Forme la plus connue de la paranoïa, c’est aussi la moins bien comprise. Le malade se croit victime d’une organisation qui tente personnellement de lui nuire. Cette organisation surveille ses faits et gestes et n’hésitera pas à neutraliser tous ceux se mettant dans son chemin. Généralement, le malade à une idée claire de l’identité de cette organisation et sen sert pour justifier son discours.

Régression

Le vampire subit des épisodes le ramenant à l’époque où il était mortel, plus heureux et/ou l’existence était plus simple. La raison de ces régressions est simple : le vampire n’a pas supporté son étreinte et son inconscient le force à revivre les scènes de son bonheur passé pour oublier les problèmes présents.

Ainsi, le vampire souffrant de ce dérangement va tenter de retrouver sa famille et ses amis, retourner à son emploi ou à sa résidence, etc. Il lui est cependant impossible de s’avouer ce qu’il est vraiment durant ses épisodes (cela serait admettre consciemment qu’il a subît l’étreinte) et il va inventer des histoires expliquant son absence et sa vie nocturne. Ces justifications sont tellement nécessaires à l’esprit du vampire qu’il y croira profondément jusqu’à ce qu’il lui soit impossible de nier la réalité (une preuve de sa condition, un danger mortel ou la présence d’un caïnite agressif envers lui ou sa famille).

S’il lui est impossible de trouver ses êtres aimés, le vampire va simplement tenter de recréer les scènes chères à son esprit : une balade en forêt avec son amie de cœur, un souper de famille ou une promotion. La plupart des scènes sont faciles à recréer en manipulant un peu des mortels ressemblant aux anciens participants, mais si une personne dévie trop du script mental du Malkavian, elle s’expose à déclencher une réaction violente et primaire. Certains Malkavian souffrant de ce problème ont déjà réussi à se faire inviter dans un souper de famille pour refléter leur jeunesse, pour finir en ligotant (ou clouant) la famille à leur chaise si le repas se terminait trop rapidement.

Que ce soit avec sa famille ou des étrangers, le vampire tente toujours de recréer des scènes de son passé, pas de vivre de véritables relations. Ce genre de comportement généralement rapidement décelable pour une personne moindrement attentive.

Notez que les crises de folie et la violence directement en lien avec ce dérangement n’affectent pas l’humanité du personnage, mais que la cruauté gratuite ou les meurtres inutiles seront punis d’une baisse immédiate, quelles que soient les circonstances.

Synchronicité Créative

Cette maladie se développe habituellement chez les personnes possédant un aspect créatif très développé, ou une imagination extrêmement fertile. La plupart des malades sont des gens empathiques, possédant une intelligence supérieure à la moyenne et un bon sens de l’observation, mais qui n’ont pas nécessairement une grande facilité à créer des relations profondes avec les autres, ou qui possèdent un certain détachement fasse à autrui.

L’étreinte du malade, paradoxalement, cause le développement d’une grande sensibilité face aux émotions des autres, spécifiquement fasse aux gens possédant des réactions très extrêmes et apparentes. L’isolement émotionnel dans lequel s’était enfermé le malade durant sa vie mortelle est complètement relâché et plus tôt que de se rendre insensible aux émotions des autres, le malade va les absorber et sera incapable de les distinguer des siennes. Le malade, s’il est témoin d’une confrontation, pourra adopter le sentiment de colère de l’agresseur et éprouver autant de rage que lui envers la personne confrontée, sans jamais reconnaître que cette émotion ne lui appartient pas. Le malade va plutôt rationaliser sa colère contre la victime en lui trouvant une justification quelconque et la conserver tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas « évacué » l’émotion en question (un processus complexe sur lequel nous reviendrons plus tard).

Un des dangers de cette maladie réside dans le fait que le malade n’a pas nécessairement besoin de connaître l’état émotionnel de la personne avec qui il synchronise : l’imagination fertile du malade va souvent combler les blancs et imaginer l’état émotionnel dans laquelle la personne se trouve. En étant témoin d’une scène ou une personne est victime de violence, elle va s’imaginer son sentiment d’impuissance, de colère et de souffrance et l’adoptera comme siens, même si les réactions de la victime ne sont pas suffisamment démonstratives pour que le malade comprenne sont véritable état d’esprit.

Il est à noter que le malade ne va pas nécessairement adopter toutes les émotions dont il n’est témoin, pas plus qu’il ne va adopter toujours des émotions similaires. L’observation à plutôt démontré que le malade va avoir tendance à osciller entre les émotions positives et négatives, à chaque fois stimulé par la différence importante entre les deux états émotionnels.

Le malade va souvent adopter une ou deux émotions de cette manière et les vivre intensément, restant insensible aux émotions suivantes. L’aspect créatif de cette maladie intervient du fait que le malade, tant qu’il n’a pas évacué les émotions en question, en sera victime. Parfois, le malade éprouvera les émotions bien plus longtemps que la personne sur laquelle elle s’est synchronisée ! La plupart des malades évacuent les émotions emmagasinées d’une manière inconsciente : stimulés par leurs sentiments, ils se mettront à créer une œuvre contenant l’émotion en question, parfois allant même jusqu’à recréer la scène ayant causée le transfert de sentiments. Une fois l’émotion dépeinte, le malade se sentira soulagé, un peu vide, et sera apte à recevoir les prochaines émotions attirant son attention.

Tourmenteur

Le vampire souffrant de ce dérangement est profondément dépressif et suicidaire. La seule manière d’alléger son malheur et de le faire partager par une victime innocente, la tourmentant jusqu’à la réduire à la folie ou au suicide.

La maladie opère par cycles de quelques semaines, espacés par des mois de tranquillité. Le début du cycle commence comme une dépression classique; isolation, inactivité, sentiment d’échec, d’inutilité et de manque de direction. Un vampire peut aussi développer des dépendances aux drogues ou à l’alcool durant les premiers stages de la dépression (toujours au travers du sang de ses calices).

Éventuellement, la dépression entre en plein effet et le vampire développera une énorme dépendance dans les liens affectifs qu’il peut posséder. Ses relations seront constamment sollicitées pour de l’attention et de l’affection, alors que le vampire tentera de maintenir un semblant d’égo.

Le vampire sera aussi très sensible à la souffrance des autres. Cette hypersensibilité se transformera en colère si le malade juge que la personne se plaignant n’est pas consciente des opportunités qui lui sont offertes. Par exemple, un jeune gothique originaire d’une famille aisée se plaignant des difficultés de la vie attirera sur lui une fureur intense plutôt que de la sympathie.

Éventuellement, le malade choisira un de ses « hypocrites » afin de lui faire comprendre la signification de la vraie souffrance (telle que lui-même éprouve). À partir de ce moment, le malade tente tout ce qui est en son pouvoir pour infliger le plus de souffrance possible à sa victime. Plus précisément, le malade tentera de transférer les émotions exactes qu’elle ressent dans la vie du sujet, améliorant son propre état au fur et à mesure que celui de la victime empire.

Par exemple, un malade se sentant isolé et sans famille fera tout ce qu’il peut pour disperser la famille de sa victime ou l’isoler d’elle. Lorsque la victime sera sans attache, le malade prendra conscience des gens qui l’entourent ou bâtira simplement de nouvelles relations. Si la victime réussit à renouer contact avec sa famille, le malade perdra immédiatement son propre sentiment de tranquillité sur le sujet.

Le malade ne cesse généralement jamais de tourmenter la victime, qui se retrouve souvent sans-abris, sans le sou et sans amis en quelques semaines. Seuls le suicide ou la démence complète peuvent mettre fin au cycle et certaines victimes persistent durant des années contre « la mauvaise chance » qui continue de les persécuter. Une victime aussi combative est souvent une bénédiction pour le malade, qui peut « suspendre » sa dépression durant de longues périodes de temps. Cependant, une fois la victime inutilisable, le malade recommence un nouveau cycle de dépression et se trouvera éventuellement une autre victime à tourmenter.

Il arrive souvent que les victimes de ce dérangement soient ensuite présentées au clan Malkavian. Les malheurs de leur vie mortelle les poussent souvent vers une folie similaire à celle ayant précipité leur chute.

Notez que les cruautés et morts causés par ce dérangement n’affectent pas l’humanité du vampire, tant que le malade respecte le cadre du dérangement. Torturez votre victime avec des lames de rasoir, par exemple, dépasse le cadre.